L'apiculture à l'époque actuelle - rucher école Villa le Bosquet
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Apiculture Bio Dynamique
L'apiculture à l'époque actuelle

En traversant notre région au printemps on pourrait penser que notre paysage jadis triste et vide de fleurs pour les abeilles s'est transformé en un pays de cocagne. Aussi loin que l'œil parvient on ne voit que des grandes surfaces de colza qui exhalent un parfum très agréable. Mais si l'on regarde ces surfaces d'un peu plus près, on y observe à peine quelques abeilles. C'est seulement à quelques rares endroits, certains jours, quand il a suffisamment plu et que les nuits étaient déjà assez chaudes que le colza peut devenir une bonne source de nectar pour les abeilles. Il est intéressant de savoir que jadis les grandes surfaces de cultures de colza en Europe étaient toujours à proximité de la mer où l'humidité de l'air élevée liée à une certaine chaleur favorisait une formation accrue de nectar. Là, les abeilles qui étaient utilisées pour la pollinisation des plantes apportaient à l'apiculteur des rendements en miel tout à fait fantastiques. Et lorsque l'apiculteur soignait correctement ses abeilles il ne parvenait même pas à récolter suffisamment de miel pour répondre à la demande.

colza

Comment faut-il extraire le miel ? Pour le colza comme pour tous les miels de fleurs, on attend que la plus grande partie des cellules de miel soit operculée, on sort un rayon, on le tient horizontalement puis on le penche un peu vers le bas pour regarder si du miel sort des cellules. Si ce n'est pas le cas, le miel peut être récolté. Jadis on pensait que les miels de colza et de pissenlit ne devaient pas être totalement operculés parce qu'ils auraient déjà cristallisé dans les cellules ce qui aurait rendu l'extraction à la centrifugeuse plus difficile. Ce point de vue a certainement été répandu par des apiculteurs qui n'avaient pas envie de désoperculer le miel avant l'extraction. Si l'apiculteur souhaite obtenir une bonne qualité de miel, il faut qu'il laisse les cellules de miel s'operculer le plus possible pour que les forces provenant de la cellule d'abeilles puissent aussi véritablement agir sur le miel. Après extraction, il faudrait laisser reposer le miel un ou deux jours pour que les bulles d'air et les particules de cire puissent remonter à la surface et qu'on puisse les enlever avec la mousse.

C'est maintenant que commence la partie la plus importante de la récolte du miel, le brassage. Pour cela, on peut utiliser un bâton triangulaire en bois de tilleul, de charme ou d'érable avec une longueur de brassage de 4 à 5 cm ou une spirale à brasser. Depuis un certain temps, il existe différents brasseurs turbo censés faciliter le brassage à l'apiculteur, ce qui est d'ailleurs le cas. Malheureusement il arrive souvent que le miel ne parvienne plus à durcir après l'utilisation de ces engins. Pour le consommateur ceci est certainement très bien. Mais la qualité du miel en pâtit car un miel qui n'arrive pas à cristalliser, à durcir après le brassage a perdu une de ses facultés les plus importantes, celle de cristalliser. Après le brassage avec le bois ou la spirale à brasser - on commence sur le bord et on brasse en forme de spirale vers le centre du récipient - le miel se cristallisera finement, fondra sur la langue comme du beurre et il pourra montrer aux consommateurs toute sa palette d'arômes. Évidemment il sera ensuite stocké dans un emplacement sombre et frais.

Si nous regardons le paysage à côté des champs de colza, nous découvrons une plante qui occupe une place plus importante chaque année : le maïs. En tant qu'apiculteur nous devrions nous réjouir de cette source de pollen supplémentaire bien que nous sachions que le pollen des plantes anémophiles n'a pas la valeur nutritive souhaitable pour les abeilles. Mais que nous apportent à nous et aux abeilles ces immenses surfaces de colza et de maïs si nous faisons abstraction du miel et du pollen ? D'énormes quantités de produits phytosanitaires sans lesquels ces plantes ne parviendraient même pas à pousser. Certainement on dit que tous ces produits phytosanitaires sont aujourd'hui acceptables par les abeilles mais que cela signifie-t-il ? Lorsque l'abeille entre en contact avec ces produits ou les absorbe avec le nectar ou l'eau de rosée elle reste en vie. Mais comment agissent ces faibles quantités de produits phytosanitaires qui parviennent dans l'alimentation des abeilles ? Comment agissent-elles sur le couvain et les générations suivantes à long terme ? Ces substances ne sont-elles pas la cause des maladies modernes des abeilles ? Nous ne pouvons pas répondre à toutes ces questions jusqu'à aujourd'hui, nous savons seulement que depuis un certain temps les êtres humains attachent une très grande importance au fait d'obtenir des aliments sans aucun additif nuisible pour la santé. Ceci a favorisé un important développement des fermes biologiques en Allemagne. De la même manière, en tant qu'apiculteur, nous devons veiller à ce que nos abeilles retrouvent à l'avenir des sources de nectar véritablement saines sans aucun additif chimique pour garantir leur santé. On nous pose de plus en plus de questions à propos des conséquences éventuelles des plantes modifiées génétiquement sur les abeilles. Nous ne pouvons pas donner encore de réponse définitive. Chacun devrait essayer de se faire une image personnelle de cette problématique. Si on regarde un peu autour de soi dans le monde et que l'on regarde par exemple certaines émissions de télévision qui passent tard dans la nuit, on constatera qu'il existe des personnes compétentes qui ont le courage de parler publiquement des conséquences négatives des modifications génétiques des plantes et des animaux. Ces personnes montrent qu'en fait chaque " jeu " avec les gènes des plantes ou des animaux devrait être refusé. Ainsi, de mon point de vue, on peut bien se représenter que le maïs qui conduit à la stérilité chez des porcs et qui est utilisé par les abeilles comme source de pollen ne stimulera certainement pas leur fertilité mais risque de la diminuer. De mêmes les êtres humains qui mangent la bonne côtelette du porc stérile absorberont dans leur organisme les faiblesses qui ont conduit à la stérilité chez le porc. Si nous voulons avoir des abeilles saines, nous devons aussi leur proposer de " vraies " plantes saines. Rudolf Steiner montre dans sa présentation de l'évolution de l'univers de manière très précise la relation étroite entre l'être humain et l'abeille. Si l'on prend sa présentation au sérieux, il ne sera pas difficile d'établir un parallèle entre l'être humain et l'abeille. Et nous pouvons aussi penser, sans attendre la preuve scientifique, que les problèmes causés aux abeilles par leur environnement sont ou seront aussi nos problèmes.

Albert Einstein s'est exprimé à propos de ce sujet de manière très réaliste : "lorsque l'abeille aura disparu de la Terre, l'être humain n'aura plus que quatre années à vivre. Plus d'abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d'animaux, plus d'êtres humains."


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